Le discours de Sergio Nicoletti Altimari lors de la deuxième Conférence Annuelle du Centre Roma Tre – UNIDROIT ravive le débat sur la réglementation des cryptomonnaies, soulignant les risques de fragmentation entre l’Europe et les États-Unis.
Summary
Quels sont les risques d’une réglementation des cryptomonnaies non alignée ?
Selon le Vice-Directeur Général de la Banca d’Italia, la croissance rapide des crypto-actifs crée des tensions lorsque l’innovation n’est pas accompagnée d’un cadre réglementaire adéquat. Des instruments développés en dehors de règles robustes peuvent en effet miner la stabilité financière et l’intégrité des marchés.
De plus, des réponses fragmentées entre les juridictions tendent à éroder la stabilité et la confiance dans un secteur par nature global. Comme rapporté par Teleborsa le 13 novembre 2025, Altimari a souligné la nécessité d’éviter des désalignements persistants.
Pourquoi MiCA et Genius Act divergent-ils sur les stablecoins ?
Dans la comparaison internationale, Altimari a signalé des différences significatives entre le cadre européen MiCA (souvent désigné comme MiCAR) et le Genius Act récemment adopté aux États-Unis, en particulier sur le traitement des stablecoin.
Ces divergences compliquent la réglementation des cryptomonnaies et augmentent les risques d’arbitrage.
Cependant, l’Europe dispose d’un cadre commun grâce à la réglementation MiCA, qui vise des règles homogènes sur l’émission et la surveillance. En revanche, aux États-Unis, la trajectoire réglementaire se dessine de manière différente. D’autres juridictions, a-t-il observé, empruntent des voies encore plus distinctes.
Cela dit, l’absence de normes coordonnées crée des obstacles dans les transactions transfrontalières et affaiblit la sécurité juridique. Sur les marchés numériques, la prévisibilité réglementaire est essentielle, surtout lorsque l’on risque des cadres réglementaires fragmentés.
L’Europe est plus exposée à la fragmentation
En Europe, la forte intégration dans les chaînes financières et productives mondiales rend le continent particulièrement exposé aux chocs réglementaires. Cela vaut tant pour les stablecoin que pour les infrastructures de marché, par rapport à des contextes plus homogènes.
Pour approfondir le cadre européen, le texte MiCA sur EUR-Lex est disponible, qui distingue les obligations pour les émetteurs et les prestataires de services sur les crypto-actifs.
La soft harmonization peut-elle combler les écarts ?
Lorsque l’harmonisation formelle s’avère difficile, la soft harmonization peut offrir un soutien décisif. En effet, des lignes directrices et des normes partagées aident à réduire les asymétries et à faciliter les échanges transfrontaliers, même dans les secteurs les plus innovants.
De plus, des instruments de droit privé et commercial « transnational » peuvent améliorer l’efficacité des marchés et renforcer l’architecture de la stabilité financière. Altimari a évoqué l’expérience d’UNIDROIT, qui promeut la convergence et des standards communs. Des détails supplémentaires sont disponibles auprès du Centre Roma Tre – UNIDROIT.
Quel rôle pour la coopération internationale dans la réglementation des cryptomonnaies ?
Enfin, l’ouverture des marchés nécessite une coopération internationale et une certitude juridique. Selon Altimari, des efforts coordonnés sont nécessaires pour défendre l’ouverture et la legal certainty, en évitant des démarches unilatérales qui amplifient les risques systémiques. Des informations institutionnelles sont consultables sur le site de la Banque d’Italie.
Dans l’ensemble, le message est clair : sans convergence, les différences entre les zones juridiques peuvent engendrer des problèmes sérieux pour les investisseurs et les intermédiaires. Une coopération effective reste cruciale pour une réglementation des cryptomonnaies durable et cohérente à l’échelle mondiale.

