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41 enlèvements en France alimentent une bataille judiciaire au sujet du reporting fiscal crypto DAC8

Une plateforme d’échange de Bitcoin non dépositaire qui assigne le gouvernement français devant sa plus haute juridiction administrative au sujet d’une directive sur la déclaration fiscale peut sembler une entreprise hasardeuse. Mais le recours juridique de Bull Bitcoin contre le cadre européen de déclaration fiscale crypto DAC8 repose sur quelque chose de bien plus viscéral qu’un simple désaccord réglementaire — il s’agit de savoir si collecter et centraliser des données sur des millions de détenteurs de crypto pourrait mettre des vies en danger.

Points clés à retenir

  • Bull Bitcoin a déposé une requête devant le Conseil d’État français le 24 février 2026 pour annuler le décret n° 2025-1276, la mesure française de transposition de DAC8.
  • DAC8 impose aux prestataires de services sur crypto-actifs de collecter les données d’identité et de transaction des utilisateurs et de les transmettre automatiquement aux autorités fiscales nationales, les premiers rapports devant être remis au plus tard le 30 septembre 2027.
  • La France a enregistré 41 enlèvements liés aux crypto-actifs depuis le début de l’année 2026 et 19 attaques à la clé anglaise confirmées en 2025 — le nombre le plus élevé en Europe.
  • Les attaques à la clé anglaise ont augmenté de 75 % dans le monde en 2025, atteignant 72 cas vérifiés à l’échelle mondiale, selon CertiK.
  • Bull Bitcoin affirme qu’elle empruntera toutes les voies légitimes pour suspendre, retarder, annuler ou modifier à la fois DAC8 et son équivalent mondial, le CARF.

Le recours juridique de Bull Bitcoin contre la mise en œuvre de DAC8

La menace physique qui pèse sur les détenteurs de crypto en France n’a rien de théorique. La police française a recensé 41 enlèvements liés aux crypto-actifs depuis le début de l’année 2026, selon un rapport de RTL. Dans ce contexte, l’argument de Bull Bitcoin prend une autre dimension : toute réglementation qui crée une base de données centralisée et exhaustive reliant les détenteurs de Bitcoin à leur identité légale et à leur adresse personnelle ne relève pas seulement d’une question de vie privée — c’est, selon l’entreprise, une urgence en matière de sécurité.

Le dépôt de la requête devant le Conseil d’État

Le 24 février 2026, Bull Bitcoin a déposé une requête en référé devant le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative française, afin d’obtenir l’annulation du décret ayant transposé DAC8 en droit français. Cette requête a été suivie d’un mémoire au fond exposant l’ensemble des arguments. La cible est le décret n° 2025-1276, signé le 19 décembre 2025, par lequel la France a choisi de mettre en œuvre la directive européenne au niveau national.

La plateforme d’échange a été explicite quant à ses ambitions : elle entend utiliser « toutes les voies légitimes pour suspendre, retarder, annuler ou modifier les effets de DAC8 et de son équivalent mondial, le CARF » — le Cadre de déclaration des crypto-actifs (Crypto-Asset Reporting Framework) élaboré par l’Organisation de coopération et de développement économiques comme norme mondiale commune pour la collecte et l’échange d’informations sur les transactions en crypto-actifs.

Ce que Bull Bitcoin soutient réellement

Le cœur du dossier juridique repose sur la crainte que DAC8 ne conduise à la création de ce que Bull Bitcoin décrit comme une base de données de masse reliant l’identité légale et l’adresse personnelle des utilisateurs à leur activité crypto — y compris des transactions sans aucun lien avec la fiscalité. La plateforme avertit que, dans un contexte de fuites de données quotidiennes et de vague croissante d’attaques physiques visant les détenteurs de crypto, la constitution d’une telle base de données met en danger des millions de personnes et leurs familles.

C’est un argument frappant à présenter dans un mémoire au tribunal. Plutôt que de se limiter à des objections juridiques techniques, Bull Bitcoin demande en substance au Conseil d’État de prendre en compte les conséquences, en termes de sécurité physique, de la collecte réglementaire de données — une approche qui reflète à quel point la crise des attaques à la clé anglaise s’est aggravée en France.

Vue d’ensemble des règles de déclaration fiscale crypto de DAC8

DAC8 est la huitième itération de la directive européenne sur la coopération administrative. Pour les crypto-actifs, les enjeux sont considérables : elle impose à tous les prestataires de services sur crypto-actifs opérant dans l’UE de collecter les données d’identité et de transaction des utilisateurs et de les transmettre automatiquement aux administrations fiscales nationales, qui partagent ensuite ces informations avec leurs homologues dans l’ensemble des États membres de l’UE. La directive est entrée en vigueur le 1er janvier 2026.

Ce que les prestataires de services sur crypto-actifs doivent faire

En vertu des nouvelles règles, chaque prestataire concerné doit commencer à suivre et à enregistrer les données des utilisateurs pour l’intégralité de l’année civile 2026. Le premier ensemble de rapports — couvrant toute l’année 2026 — doit être transmis aux administrations fiscales nationales au plus tard le 30 septembre 2027. À partir de là, les informations circulent automatiquement entre les États membres de l’UE, créant une vision paneuropéenne de l’activité crypto liée à des identités individuelles.

Le champ d’application est large. L’obligation de déclaration ne se limite pas aux transactions signalées à des fins fiscales — elle couvre les données de manière globale, ce qui est précisément ce que conteste Bull Bitcoin. Lorsqu’une réglementation capte bien plus de données qu’il n’est nécessaire pour atteindre son objectif déclaré, l’excédent d’informations devient un risque.

Le calendrier de mise en œuvre en France

La France a agi rapidement pour transposer la directive. Le décret n° 2025-1276 a été signé le 19 décembre 2025, quelques jours seulement avant la date d’entrée en vigueur du 1er janvier 2026, laissant très peu de temps aux entreprises crypto françaises pour se préparer. Cette rapidité, ainsi que l’ampleur de la collecte de données imposée, sont au cœur du recours de Bull Bitcoin.

Préoccupations en matière de vie privée et de sécurité pour les utilisateurs de crypto en France

Les dimensions de sécurité des données et de sécurité physique de DAC8 sont celles où le débat devient le plus urgent. Les grandes entreprises crypto ont déjà démontré que les données d’utilisateurs centralisées constituent une cible. En mai 2025, Coinbase a révélé qu’une cyberattaque avait touché une partie de ses utilisateurs mensuels actifs — un incident qui pourrait coûter jusqu’à 400 millions de dollars à la plateforme en remboursements. Si une base de données aussi complète que celle que créerait DAC8 venait un jour à être compromise, les conséquences pour les détenteurs individuels pourraient aller bien au-delà des pertes financières.

La flambée des attaques à la clé anglaise visant les détenteurs de crypto

Les chiffres relatifs aux attaques physiques contre les détenteurs de crypto sont devenus impossibles à ignorer. Selon la société de cybersécurité CertiK, les attaques à la clé anglaise — où les victimes sont menacées ou agressées physiquement pour les forcer à transférer des actifs numériques — ont augmenté de 75 % en 2025, atteignant 72 cas vérifiés dans le monde. La France a été le pays le plus touché en Europe, avec 19 attaques à la clé anglaise confirmées pour la seule année 2025, l’Europe représentant environ 40 % de l’ensemble des incidents mondiaux cette année-là.

En 2026, la situation s’est encore détériorée. RTL a rapporté que la police française avait recensé 41 enlèvements liés aux crypto-actifs depuis le début de l’année. Ce chiffre donne un poids concret à l’argument de Bull Bitcoin : les criminels ciblent déjà les détenteurs de crypto lorsqu’ils parviennent à les identifier. Une base de données imposée par le gouvernement, reliant identités, avoirs et adresses, pourrait, si elle était compromise, fonctionner comme une liste de cibles prête à l’emploi.

L’implication plus large : quand la conformité fiscale devient un risque pour la sécurité

Il existe une tension au cœur de DAC8 que le recours juridique met en lumière. Les autorités fiscales ont un intérêt légitime à suivre les transactions en crypto pour prévenir la fraude et l’évasion. Mais l’architecture nécessaire pour servir cet intérêt — une base de données centralisée, liée à l’identité, et transfrontalière de l’activité crypto — crée un « pot de miel » contenant exactement le type d’informations que recherchent activement les acteurs criminels, des hackers sophistiqués aux ravisseurs opportunistes.

La requête de Bull Bitcoin ne soutient pas que la déclaration fiscale est intrinsèquement mauvaise. Elle affirme que le mécanisme spécifique choisi par la France et l’UE pour la mettre en œuvre crée des risques disproportionnés pour les détenteurs ordinaires, en particulier dans un pays où la menace d’attaques physiques contre les propriétaires de crypto est désormais statistiquement significative. Reste à savoir si le Conseil d’État jugera cet argument juridiquement suffisant pour annuler le décret n° 2025-1276 — mais l’affaire consigne officiellement le fait que la protection des données crypto en France n’est plus seulement une question de libertés civiles. C’est aussi, à tout le moins, une question de sécurité publique.

FAQ

Quelle est la principale préoccupation de Bull Bitcoin concernant la mise en œuvre de DAC8 en France ?

Bull Bitcoin craint que DAC8 ne conduise à une base de données de masse reliant l’identité et l’adresse personnelle des utilisateurs à leur activité crypto, mettant en danger la sécurité physique des détenteurs et de leurs familles — en particulier compte tenu de la forte hausse des enlèvements et des attaques à la clé anglaise visant les propriétaires de crypto en France.

Quand la directive DAC8 est-elle entrée en vigueur et que prévoit-elle ?

DAC8 est entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Elle impose aux prestataires de services sur crypto-actifs de collecter les données d’identité et de transaction des utilisateurs et de les transmettre automatiquement aux administrations fiscales nationales, qui les partagent ensuite entre les États membres de l’UE. Les premiers rapports couvrant l’année civile 2026 doivent être remis au plus tard le 30 septembre 2027.

Comment la France a-t-elle été touchée par les attaques à la clé anglaise visant les détenteurs de crypto ?

La France a connu 19 attaques à la clé anglaise confirmées en 2025 — le nombre le plus élevé en Europe — et la police française a enregistré 41 enlèvements liés aux crypto-actifs depuis le début de l’année 2026. À l’échelle mondiale, les attaques à la clé anglaise ont augmenté de 75 % en 2025 pour atteindre 72 cas vérifiés, selon CertiK, l’Europe représentant environ 40 % de tous les incidents.

Quelles actions juridiques Bull Bitcoin a-t-elle engagées contre DAC8 en France ?

Bull Bitcoin a déposé une requête en référé devant le Conseil d’État français le 24 février 2026, visant le décret n° 2025-1276 — la mesure nationale de mise en œuvre de DAC8 — puis a déposé un mémoire au fond. La plateforme a déclaré qu’elle emprunterait toutes les voies légitimes pour suspendre, retarder, annuler ou modifier les effets de DAC8 et du Cadre mondial de déclaration des crypto-actifs (CARF) de l’OCDE.

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Article produit avec l’aide de l’intelligence artificielle et relu par l’équipe éditoriale.

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